Le rappel, réflexions et pistes d’apprentissage !

Si on ne devait apprendre qu’une seul chose à son chien, ça serait sûrement le rappel. Un apprentissage, qui, une fois acquis, nous permet d’être plus sereins et de donner plus de liberté à notre compagnon. Cependant, son apprentissage est parfois compliqué. Le rappel de notre chien est parfois difficile et cela peut avoir 2 conséquences, dépendant de paramètres comme les individus, la situation, etc. :

  1. Soit on abandonne et les balades suivantes notre chien restera attaché (ou on arrête totalement les sorties).
  2. Soit on décide de le travailler

Autant vous dire que pour ma part, la solution n°1 n’était pas envisageable. La liberté du chien pendant les promenades (dans les endroits sécurisés bien entendu) est primordiale pour son bien-être. Cela va lui permettre de courir, renifler, creuser, se rouler, jouer… faire “des trucs de chien” qui sont nécessaires à son équilibre, tout simplement. Mais du coup comment faire pour travailler le rappel et pouvoir détacher son chien en toute sérénité ?

Commençons par le commencement. Avant de demander quoi que ce soit à son chien, il est toujours bénéfique de définir précisément ce que l’on attend de lui. Plus cela va être clair dans notre tête, plus l’apprentissage va être cohérent et donc plus simple pour vous et votre chien.

 

Le rappel, quèsaco ?

Lorsque je rappelle mes chiennes, j’attends d’elles qu’elles stoppent toute activité, me rejoignent et restent à côté de moi jusqu’à ce que je leur autorise à partir de nouveau.

bodza court

Photo Mathieu Zins

Au vu de cette définition, je vais donc avoir besoin de minimum 2 ordres. Un ordre pour les faire venir (l’ordre de rappel) et un autre pour les autoriser à partir (un ordre libérateur).

Ces deux ordres vont me permettre de structurer correctement le rappel, avec un début et une fin de comportement. Mes chiennes vont ainsi savoir quand exécuter ce comportement, mais aussi et surtout, jusqu’à quand.

 

Les erreurs classiques pendant l’apprentissage

Ne pas utiliser d’ordre libérateur

La fin de comportement est souvent oubliée, alors que c’est l’un des points clés de sa compréhension. Si on rappelle notre chien, sans lui indiquer à quel moment il peut repartir, il va apprendre à prendre lui-même cette décision. Or selon les situations, notre attente va être différente et la décision de notre chien ne va pas forcément nous plaire. Cela peut créer des tensions avec votre chien et altérer votre rappel. Il est donc important de prendre en compte le comportement dans son intégralité.

 

Rappeler son chien, plusieurs fois de suite, jusqu’à avoir une réponse de celui-ci.

Sans compter qu’on a parfois tendance à s’énerver dans ce genre de situations, on apprend aussi à notre chien à ne pas spécialement faire attention à notre demande. Plus on va répéter sans avoir de réponse, plus l’ordre deviendra un bruit de fond pour votre compagnon. Et pire, si on le récompense lorsqu’il revient au bout du 10ème rappel, on le renforce à ne répondre que quand il en a envie. Il est donc important, pendant la phase d’apprentissage, de ne pas rappeler son chien tant que l’on n’est pas sûr à 100% qu’il va venir à vous. On évite donc de le rappeler lorsqu’il renifle au sol, joue avec des copains… Si ces distractions ne sont pas encore maîtrisées.

En attendant de pouvoir travailler ce genre de distractions, je vous conseille donc d’utiliser une longe. Vous pouvez la laisser trainer au sol si l’endroit est sécurisé, cela donnera de la liberté à votre chien tout en vous donnant l’opportunité de le récupérer quand vous en aurez besoin. Il vous suffira juste de rattraper la longe. Ainsi vous évitez de le rappeler dans le vide et de renforcer de mauvaise habitude.

 

Rappeler son chien à tort et à travers.

Quand on travaille le rappel de notre chien ou lorsqu’on est stressé par un environnement, on a tendance à rappeler son chien trop souvent.

En balade, nos chiens reniflent, courent, se font plaisir, profitent des stimuli qui les entourent. Si on les interrompt trop souvent pendant ces activités, cela va avoir l’effet inverse. Au lieu de donner de la valeur au rappel, on va lui en enlever et rendre cet ordre ennuyeux.

Imaginez que vous êtes en train de lire un bon bouquin, que vous regardez une série captivante ou que vous jouez à votre jeu favori et qu’on vous appelle. La première fois, vous allez peut-être arrêter votre activité et interagir de façon positive avec la personne qui vous a interpellée. De retour à votre activité, si cette même personne vous appelle à nouveau, vous allez certainement répondre à son appel une seconde fois. Après tout, l’interaction précédente était agréable. Mais si toutes les 5 minutes, cette personne continue de vous interpeller, vous allez commencer à vous lasser, voir vous agacer, car vous ne pourrez plus continuer votre activité tranquillement. Vous allez donc commencer à ignorer ses appels ou à répondre « dans le vide ». Pour votre chien, c’est pareil : si vous le rappelez trop souvent, il va se lasser ou vous répondre dans le vide. On a tous l’image de son chien qui tourne la tête vers nous quand on le rappelle, mais qui décide finalement de continuer à renifler, de continuer à jouer avec les copains…

Pour éviter cela, il est donc important de ne pas abuser du rappel. Contentez-vous de rappeler votre chien lorsque cela s’avère réellement nécessaire, utilisez une laisse ou une longe si besoin (comme vu plus haut), et privilégiez le suivi naturel (cf. plus bas).

Bodza et Snow

Photo Mathieu Zins

 

Utiliser le mot de rappel pour d’autres demandes.

Quel est votre mot de rappel ? Le nom de votre chien ? Utilisez-vous son nom juste pour le rappeler ou aussi pour attirer son attention ? Pour le faire arrêter une activité ? Pour le gronder ? Peut-être est-il utilisé par votre entourage aussi ? A tort et à travers, comme vu précédemment ?

Finalement, le nom de notre chien est-il le mot le plus adéquat ? Je ne pense pas. On utilise trop souvent le nom de notre chien et pour des choses bien trop différentes. Cela rend l’apprentissage du rappel très brouillon et ne facilite pas la compréhension du chien. Si je reprends l’exemple du chien qui, en balade, tourne la tête vers nous mais ne revient pas. Est-ce vraiment une mauvaise réponse du chien ? Comment le chien peut savoir qu’à ce moment-là, on ne prononce pas son nom juste pour avoir son attention mais aussi pour qu’il revienne vers nous ?

D’ailleurs, quand on prononce notre nom, est-ce que l’on va forcément à la rencontre de la personne qui l’a prononcé ? Non, on va lui répondre sans forcément se déplacer. On va se déplacer quand on le jugera utile ou quand on nous l’a explicitement demandé. Vous l’aurez donc compris, pour notre chien, ça va être pareil.

Pour ma part, il y a deux solutions possibles à cela. Soit on va apprendre à notre chien le mot « viens » ou « ici » associé à son prénom, pour l’interpeller et lui demander de venir. Soit on va réserver un mot, un son, un surnom qui va englober le tout.

Personnellement, je préfère utiliser un seul mot ou un seul son, distinct du prénom de mes chiennes. Cela me permet d’être la seule à l’utiliser. Car oui, on utilise souvent le nom de notre chien à tort et à travers, mais notre entourage aussi ! Et si on est capable de faire des efforts, c’est souvent difficile de demander à nos amis, nos cousins, nos parents… de ne plus utiliser le nom de notre chien, ou de l’utiliser de façon raisonnée. Du coup, avoir un mot différent me permet d’avoir une meilleure maîtrise sur l’apprentissage et le maintien du comportement.

Cela ne m’empêche pas, bien entendu, d’utiliser le prénom de mes chiennes ou des surnoms un peu débiles au quotidien. C’est en général mon premier réflexe, ce qui fait que je ne l’utilise pas forcément de la meilleure façon, je ne respecte pas toujours ce que j’ai énuméré plus haut, mais comme ce n’est pas mon « vrai mot de rappel » cela m’importe peu. Ça me permet surtout d’éviter de perdre de la valeur sur mon « vrai mot de rappel » qui pourra donc toujours être utilisé en cas de réelle nécessité.

 

Avoir peur du regard des autres.

Que ce soit vos proches ou les personnes que vous croisez en balade, n’ayez pas peur de ce qu’ils peuvent penser de vous, de votre façon de faire, du rappel encore bancal de votre chien, de votre attitude gaga quand vous le récompensez… Essayez surtout d’éviter les erreurs énumérées plus haut, utiliser la longe pour éviter les situations compliquées et surtout concentrez-vous sur votre chien car après tout, c’est tout ce qui compte.

 

Gronder son chien s’il ne revient pas.

Gronder son chien s’il ne revient pas est juste contre-productif : ce n’est pas ce qui va lui donner envie de revenir vers nous, bien au contraire. Restez enjoué pour lui donner envie de vous retrouver !

Snow le rappel

 

 

Comment introduire le rappel à son chien ?

C’est bien beau de parler des erreurs à éviter, mais le véritable but de cet article est bien sûr d’expliquer comment travailler le rappel.

En vrai, je ne vais pas pouvoir vous expliquer étape par étape comment faire, car c’est une accumulation de nombreuses choses. Mais pas de panique ! Je vais vous donner des pistes et des petits exercices qui vous mettront sur la bonne voie.

Tout d’abord, il existe plein de façon de travailler le rappel. Pour ma part, je vais cibler des exercices qui vont travailler explicitement le rappel et d’autres qui vont permettre de le travailler indirectement, en renforçant la relation, la concentration de mes chiennes et en donnant de la valeur au fait d’être dans une zone proche de moi.

Dans tous les cas, quel que soit les exercices, il est important de respecter la règle des 3D. C’est-à-dire de travailler progressivement et séparément la Durée, la Distance et les Distractions. Au fur et à mesure, ces 3 paramètres vont s’imbriquer pour former un comportement solide.

 

Exercice du rappel

Le meilleur lieu pour commencer, c’est tout simplement chez soi avec la distance la plus courte, le moins de distraction possible et une durée égale à 0. L’idéal est de placer quelques coupelles avec des récompenses (nourritures, jouets… tout ce que votre chien aime) à des endroits stratégiques de votre maison. Cela vous permettra d’avoir accès à des récompenses facilement et rapidement. Au fur et à mesure, vous pourrez ajouter des distractions, changer d’environnement…

Appelez votre chien une dizaine de fois, dans des endroits et à des moments différents de la journée. Soyez enjoué lorsque vous l’appelez, donnez-lui envie de venir vers vous, accroupissez-vous au besoin et récompensez-le lorsqu’il est à côté de vous. N’oubliez pas votre ordre de libération.

Pour introduire l’ordre de libération, il suffit simplement de le prononcer et d’arrêter toute interaction avec votre chien (jeu, regard… reprenez vos activités). Au fur et à mesure il va comprendre sa signification.

Remarque : Si vous avez bien pris en compte les erreurs à éviter et la règle des 3D, vous avez normalement mis toutes les chances de votre côté, et vous êtes sur à 100% que votre chien va répondre à votre appel.

Attention : ne montrez pas la récompense pour faire venir votre chien. La récompense doit apparaître après, en conséquence du fait d’être venu. Sinon, vous apprenez à votre chien à venir uniquement s’il voit de la nourriture, un jouet ou toute autre chose qu’il aime. Il doit être récompensé pour le fait de répondre au rappel et non pour le faire de répondre à la vue d’un stimulus.

Astuces : les petites coupelles peuvent aussi vous servir pour récompenser facilement et rapidement les bons comportements de votre chien tout au long de la journée 🙂

 

Autres exercices

Il existe, en parallèle, une multitude d’exercices qui vont vous permettre de travailler la relation avec vos chiens, leurs concentrations sur vous, leurs autocontrôles… Tous ces exercices vont implicitement travailler le rappel. En effet, cela va augmenter votre valeur aux yeux de votre chien et va donc leur donner encore plus envie de venir vous voir lorsque vous l’appelez. Les autocontrôles vont aussi leur permette de mieux vous écouter et de faire le bon choix.

Snow l'exercice du touche

Il y a par exemple l’exercice du touche, le jeu de la double laisse et de nombreux autres exercices qui apparaîtront au fur et à mesure sur le blog et la chaîne YouTube ! Alors n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne et à vous inscrire à la newsletter du blog !

 

Le suivi naturel dans tout ça ?

Je l’ai brièvement mentionné plus haut comme solution à privilégier en balade, pour éviter de rappeler son chien à tout va, mais à quoi ça correspond ?

Le suivi naturel consiste à renforcer/apprendre à votre chien à faire attention à vous et à vous suivre un minimum. Ainsi vous n’aurez quasiment plus besoin de l’appeler en balade. Si vous décidez de tourner ou de faire demi-tour, votre chien va vous suivre et toujours conserver une certaine distance pour pouvoir se balader, profiter de l’environnement, mais aussi faire attention à vous, votre position, vos mouvements et s’adapter à votre rythme.

Plus cet « apprentissage » va se faire tôt, plus ça va être simple. J’ai mis le mot apprentissage en guillemet exprès, car en vérité, c’est un comportement que le chiot fait naturellement. Vous avez donc seulement besoin de renforcer et de maintenir le comportement lors des premiers mois de vie commune. Pour un chien plus âgé, qui aurait perdu ce comportement, vous pouvez aussi le travailler. Dans tous les cas la façon de faire va être la même. Il vous suffit simplement de faire régulièrement des changements de direction, tourner à gauche, à droite, faites demi-tour, sans un mot, soyez imprévisible et félicitez votre chien quand il change de direction pour vous suivre. Vous verrez qu’il va prendre l’habitude de vous regarder de temps en temps pour vous « surveiller » et suivre vos mouvements.

Vous avez maintenant pas mal de clés pour travailler ou retravailler le rappel de votre chien !

Happy training 🙂

 

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9 Commentaires
  • Sandra THORNER
    Posté à 20:43h, 08 septembre Répondre
    Je lis vos posts depuis quelques années et suis en admiration devant votre investissemenent. Ayant également un BBS (male de 40 kg) , adorable au demeurant mais grosses galère pour le rappel : dès qu’il sent une piste de chevreuil, il devient fou furieux ! Dernière fugue : 24 h avec une longe de 10 m accrochêe sur le harnais car justement on travaillait … le rappel ! Depuis on angoisse à l’idée 5 le détacher, du coup, avec culpabilité, nous faisons partis de la 1ère catégorie…snif … Votre article me rebooste pour passer dans la 2ème catégorie 😉
    • Marion
      Posté à 09:27h, 11 septembre
      , rien n’est jamais perdu, on y croit ! 🙂
  • Emeline
    Posté à 22:23h, 15 août Répondre
    Merci pour cet article, ma chienne de 3 ans n’a pas un rappel parfais (mais suffisant la plus part du temps) mais qui reste à renforcer. J’ai fait des erreurs avec le rappel quand elle était chiot, j’ai été longue à lui enlever sa laisse car j’avais peur de la perdre. Je l’ai aussi engueulé 1 fois lorsqu’elle est revenue après 10 minutes d’appel, autant dire que c’est une erreur que je ne referais pas, elle avait associé collier + laisse =engueulade, j’ai eu un gros travail à faire par la suite pour lui enlever cette idée de la tête. Avec cet article j’ai de nouvelles pistes de travail pour améliorer son rappel et ça va me permettre aussi de changer un peu ma manière de procéder ☺️
    • Marion
      Posté à 12:09h, 17 août
      On fait tous des erreurs, en soi ce n’est pas grave. L’important c’est d’apprendre de ces erreurs et d’avancer, comme tu l’as fait ! Bravo pour ça, et bon courage pour le chemin qu’il reste à parcourir 🙂
  • Manon
    Posté à 10:55h, 13 août Répondre
    Oui, moi aussi ça m’est très utile merci ! Balade super galère hier, zéro rappel en situation délicate (une petite fille qui avait très peur des chiens)…
    C’est quoi ton mot de rappel ? j’ai pas d’inspiration pour trouver des mots signaux….
    • Marion
      Posté à 11:01h, 14 août
      , il y a parfois des haut et des bas, mais c’est pas grave. Pour ma part c’était avant hier, on a croisé des chevaux au loin (très très loin), vue la distance je me suis dit que Bodza n’allait pas y aller. Grave erreur ! Même s’ils étaient à peine visible à cette distance, Bodza est tout de même parti en courant. Les vaches/chevaux/moutons, c’est son gros problèmes. Sur le coup, c’est très frustrant, mais à tête reposer ça permet d’évaluer les capacités de nos chiens et d’avoir des piste de travail. Bref, faut toujours voir le côté positif et apprendre des situations pour mieux avancer 🙂
      En ce qui concerne mes mots de rappel, c’est des surnoms, parfois un peu débiles, que je suis la seule a utiliser. Pour Snow par exemple c’est Belette et pour Bodza on est en train de construire le Zazou 😉
    • Manon
      Posté à 14:32h, 14 août
      , merci, c’est vrai qu’il y a des hauts et bas et que mes loups ne sont pas des terreurs, et ça fait du bien de se dire que ça arrive à tout le monde merci 🙂
      Pour les chevaux, je comprends, c’est pas facile de juger les distances à partir de laquelle c’est cuit ! Bon courage pour travailler ça avec Bobo ! A suivre des blogs comme le tien, on a presque l’impression qu’elles sont parfaites les louloutes :p
  • Marie
    Posté à 00:50h, 13 août Répondre
    Ce poste est vraiment génial merci pour tous ces conseils que je vais appliquer je me suis rendu compte que je faisais pleins d’imcoerences dans mon apprentissage avec ma chienne sans le savoir 😘😘
    • Marion
      Posté à 09:58h, 13 août
      Merci à toi pour ce retour ! Ça fait super plaisir de lire que c’est utile, ça motive pour continuer encore plus 🙂

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