Alvin

« Alvin, c’est un petit chien qui a grandi dans un camp attaché à une grosse chaine d’à peine 1.5m, sans autre contact avec l’extérieur que ce qu’il pouvait voir de sa niche.

Même si ses maitres l’aiment à leur façon, sa présence dans le camp était mal vue des autres parce qu’il n’avait aucun rappel, il n’obéissait à rien ni personne. Il était régulièrement la cible des enfants qui lui jetaient des cailloux, bâtons ou autre projectiles, ou des adultes qui s’en débarrassaient à coup de pied dans le meilleur des cas.

Résultat des courses, nous avons récupéré un chien terrifié par les gens, qui avait pour seule mode de communication l’attaque directe sans préavis (sa chaine l’empêchait de fuir, c’était sa seule option possible face à une menace).

On a failli ne pas le prendre d’ailleurs, tellement ça nous paraissait ingérable comme comportement. On s’est fait mordre dès le 1er jour en voulant le sortir du coffre de la voiture !

Par la suite, impossible de l’approcher pour lui retirer sa chaine, il a fallu l’emmener chez le vétérinaire pour l’endormir (à 4 et avec un lasso faute de pouvoir lui faire une piqure « normalement »)

Une fois la chaine enlevée et donc cette douleur supprimée, il a rapidement changé de comportement. Il devenait moins méfiant, même s’il était toujours très réactif. On a pris le parti de ne pas le brusquer, de ne pas l’engueuler lorsqu’il essayait de mettre les dents.

Bon, on y allait avec des gants quand même. Vu que ça passait mieux avec moi qu’avec mon ami, j’ai passé des heures assise à côté de sa niche à lui parler, à le laisser approcher de lui-même et réduire sa distance critique.

A son arrivé il avait trouvé refuge dans une niche à l’extérieur, il se terrait dans le fond. Du coup quand on l’a installé à l’intérieur, on a utilisé un vary qu’on avait recouvert pour lui donner l’illusion d’une « niche d’intérieur ». Ça a fonctionné nickel, c’est devenu son refuge, au début on ne pouvait pas l’y approcher, aujourd’hui il nous donne la patte et nous laisse y prendre ses jouets, même quand il y est installé.

Petit à petit il a commencé à se détendre, et à venir chercher les caresses. Mais seulement quand ça lui convenait.

On devait l’emmener chez le vétérinaire pour le mettre en règle (castration, vaccin et identification), la véto à réussi à l’endormir sans lasso cette fois, mais il a fallu le maintenir fermement par la peau du cou, gros stress pour lui.

Du coup pour son rappel de vaccin, on a beaucoup travaillé dessus en l’emmenant chez le véto quasiment tous les jours pendant une semaine. Juste comme ça, pour rien, pour qu’il s’habitue aux odeurs, aux bruits, aux gens, …

Résultat pour son rappel on avait un chien détendu, qui s’est laissé examiner un peu partout (même les dents!) et qui s’est laissé retirer ses fils et piquer tranquillement. La véto ne le reconnaissait pas et avait du mal à admettre que c’était toujours le même chien !

Il a fallu ruser aussi pour lui apprendre quelques bases d’éducation. Il ne savait pas s’asseoir, se coucher, … bref rien du tout.

On a réussi ça aussi sans aucune contrainte physique ou verbale, simplement en jouant sur la frustration.

La bouffe ne marchait pas à ce moment-là, ni les jouets, tout ce qu’il voulait c’était rentrer dans la maison, donc j’ai utilisé ça.

Je voulais qu’il me propose un truc, n’importe quoi, pour pouvoir rentrer. Je suis restée derrière la porte pendant 1h le premier jour, à ouvrir la porte, la refermer s’il approchait, la rouvrir s’il s’éloignait, jusqu’à ce qu’il finisse par s’asseoir ! Le lendemain ça a pris 1/2h, aujourd’hui il est capable d’apprendre un nouvel ordre en quelques exercices.

Ça fait 3 mois qu’il est à la maison, il a appris le Assis, couché, donne la patte, pas bouger, fais le beau, il commence à apprendre le rappel et la marche en laisse sans trop tirer, il va spontanément faire des câlins aux inconnus et surtout, il a appris à se contrôler et à se laisser manipuler et à jouer sans mettre les dents ! (et quand ça lui arrive il les pose simplement, il ne ferme plus la mâchoire)

On n’aurait jamais réussi tout ça si on avait appliqué des méthodes coercitives.

Je ne dis pas non plus qu’on aurait réussi de la même manière avec un chien plus gros, ou plus agressif ou moins motivé. On n’y connaissait rien en méthode positive, on n’avait pas de lien ou de site à consulter pour nous guider, on a simplement fait ce qui nous paraissait logique en fonction de ses peurs et de ses réactions. On a essayé de comprendre ses réactions (douleur ? peur ? incompréhension ? …) et de s’adapter pour obtenir le résultat voulu.

Certes, tout n’est pas parfait, mais on avance petit à petit dans une confiance mutuelle.

Mais c’est vrai on a fait des erreurs aussi avec ce petit bout.

On s’est souvent laissé aller au découragement, surtout au début quand il était dans sa période « autiste ». On avait le sentiment qu’on n’arriverait à rien, que c’était une erreur de l’avoir pris.

On a eu aussi nos sautes d’humeurs ou on a élevé la voix, et qu’on a regretté presque aussitôt parce que le chien régressait quasiment instantanément, il fallait tout recommencer.

Son association nous demandait l’impossible (enfin c’est ce qu’on croyait), mais ça serait à refaire, on foncerait sans hésiter une seconde !

Pour lui mais aussi pour nous, parce qu’on a appris à vivre autrement avec nos chiens, parce que les nôtres profitent autant qu’Alvin de ce qu’on a appris. »

Merci Beaucoup à la famille d’accueil d’Alvin pour ce jolie témoignage qui j’espère en ferra réfléchir plus d’un sur l’utilisation des méthodes d’éducation canine.

Alvin est disponible à l’adoption, si vous êtes intéressé par cette boule de poils qui à beaucoup souffert et qui cherche un maitre ou une maitresse qui pourrait lui donner pleins d’affections et qui pourra le guider paisiblement merci de contacter l’association Moustaches et Compagnies

Pas de commentaire

Poster Un Commentaire